Creargos

Recherche par famille de produits
Bannière
Bannière
Bannière

votre-agenda

Bannière
Bannière
Vous êtes ici : Accueil Réalisations Réalisations

Vous trouverez ici un album constitué d'exemples de réalisations contemporaines. Qu'ils soient célèbres ou plus méconnus, ces ouvrages présentent tous un intérêt esthétique et technique associé à des matériaux performants et une démarche innovante. De quoi susciter la curiosité ou l'inspiration !

La gare d’Achères Ville montre la voie de la réhabilitation durable

  • PDF

CGare d'Achèresommencé à la mi-octobre 2008, le chantier de rénovation lancé par la SNCF dans les Yvelines, à la gare d’Achères Ville, sur les lignes A du RER et Paris Saint-Lazare-Cergy-le-Haut, s’achèvera fin octobre et sera inauguré début 2010. Il s’agit d’une opération pilote de « Haute Qualité Environnementale » (HQE) destinée à expérimenter des innovations technologiques notamment en ce qui concerne les énergies renouvelables.


 

 

Financée à 57% par la région Ile de France via le STIF (Syndicat des Transports d'Ile de France), à 40% par la SNCF et à 3% par le RFF (Réseau Ferré de France), la gare sera inaugurée courant septembre 2009. Le point sur la première gare HQE® de France.

Un projet pilote

« C'est la première fois que nous avons autant d'exigence environnementale sur un projet de rénovation de gare », explique Claudia Nordmann, architecte à la direction de l'architecture et de l'aménagement de la SNCF et chef du projet de la gare d'Achères HQE®. « C'est pour nous un projet pilote, qui va aider à faire avancer les pratiques architecturales sur le sujet dans toute la France. C'est vraiment une démarche pionnière. »

Pionnier, le projet l'est bel et bien puisque la vague de constructions et de rénovations HQE® avait, jusqu'à présent, touché en grande majorité des bâtiments tertiaires. En choisissant de se lancer dans ce type de rénovation, la SNCF souhaitait rendre plus visible encore sa composante environnementale, le train étant déjà par lui-même un transport respectueux de l'environnement. Il s'agissait donc pour la SNCF, à travers ce projet, de concrétiser ses ambitions en matière d'écologie mais aussi d'accessibilité. Avec cet objectif, celle-ci n'a pas de mal à convaincre la région malgré le léger surcoût par rapport à un chantier classique.

Une gare « seventies » vétuste et inadaptée

En 2005, une étude environnementale révèle, comme l'on pouvait s'y attendre au vu des normes de constructions de l'époque (la gare date de 1976), que l'énergie consommée par le fonctionnement de la gare est beaucoup trop importante. La chaudière fioul est en bout de course et l'isolation est peu performante. Par ailleurs, la gare n'est pas adaptée aux voyageurs à mobilité réduite - il manque en particulier un ascenseur. De plus, le manque de confort, tant pour les clients que pour le personnel, est flagrant. Le passage souterrain est mal éclairé, les locaux de service sont exigus, et la salle d'attente, peu chauffée en hiver, est étouffante durant les mois d'été. Enfin, le revêtement du parvis, abîmé et vieilli, est quant à lui à refaire.

Un choix cohérent

Gare d'AchèresDans le cadre du programme bi-annuel de rénovation des gares, 400 gares sont en attente de réhabilitation en Ile-de-France. Pour quelles raisons le choix s'est-il donc porté sur la gare d'Achères, l'une des deux gares d'une ville de 20 000 habitants, située en zone 5 sur les lignes de RER A (branche A3 Cergy-le-Haut) et de Paris Saint-Lazare-Cergy-le-haut ? Tout d'abord, des modifications importantes s'imposaient au plus vite, d'autant plus urgentes que la fréquentation de la gare ne cessait de croître.

Une gare entre ville et forêt

Aujourd'hui, ce sont 12 trains à l'heure qui transitent aux heures de pointe, et plus de 6000 personnes par jour. Mais c'est aussi la conjonction entre cette urgence, et un contexte favorable à des choix audacieux, qui a permis à cette commune d'emporter le morceau : Achères, ville petite mais dynamique, a depuis longtemps l'image d'une commune « verte » grâce à la proximité de la forêt de Saint-Germain, d'une station d'épuration, et grâce surtout à sa politique active en matière d'environnement (dernièrement, construction d'un ensemble « habitat social écologique »).

Enfin, dernier détail : son bâti original, avec son toit en forme de tremplin de ski, constituait un terrain propice à l'invention et à l'esthétique, autant qu'à une bonne communication, en permettant par exemple que soit rendu visible un revêtement photovoltaïque... Car il s'agissait bien pour la SNCF de faire aussi de cette rénovation une opération de visibilité !

La pièce maîtresse d'un ensemble en devenir

Emplacement de la future Zac de la petite ArcheEnfin, le projet de ZAC verte de « La Petite Arche », à la lisière de la forêt, derrière la gare, a orienté de façon décisive la réhabilitation de la gare dans une direction environnementale. En effet, la gare d'Achères Ville, située en bordure de forêt, jouxte une zone en cours d'urbanisation dont les constructions devraient intégrer des critères environnementaux, voire HQE®. 30 000 m2 de bureaux, de logements, et un collège, devraient commencer à émerger courant 2010. Notons que devant le parvis de la gare, côté ville, un ensemble de logements sociaux à dimension environnementale a déjà vu le jour. Cette gare se retrouverait alors au cœur de ces nouveaux quartiers

Une métamorphose HQE®

Toit végétalisé et panneaux solairesL'isolation, l'économie d'eau et les énergies renouvelables sont les points forts de cette rénovation.


Les fenêtres seront désormais à double vitrage, la façade nord du hall sera mieux isolée et la façade sud agrandie et équipée de stores. Un mur en brique de terre cuite alvéolaire « monomur » remplacera la façade ouest vitrée du hall pour éviter la surchauffe en été ou la déperdition de chaleur en hiver. Une toiture végétalisée au-dessus des locaux techniques renforcera l'isolation thermique.

Toit végétalisé et panneaux solaires

Afin de réduire l'éclairage électrique, un conduit de lumière naturelle guidera la lumière, grâce à un jeu de miroirs, jusqu'au couloir d'accès des voies (technologie solatube). Des détecteurs de mouvements et des sondes photos sensibles contrôleront automatiquement l'éclairage des bureaux et des espaces publics. La consommation d'eau courante sera réduite grâce à une citerne de stockage des eaux de pluie installée sur l'emplacement de l'ancienne cuve à fioul. Cette eau sera utilisée pour le nettoyage, l'arrosage et l'alimentation des chasses d'eau. La logique est poussée jusqu'au bout avec la mise en service, pour les employés de la gare, d'urinoirs sans eau !

Le spot de lumière naturelleLa chaudière à fioul d'origine sera remplacée par une pompe à chaleur air-eau réversible pour le chauffage et le refroidissement. Des panneaux solaires pour l'eau chaude et une membrane photovoltaique de 175m2 qui produira de l'électricité (25 % de l'énergie consommée par le bâtiment) seront posés sur les toits. Ces deux éléments feront de la gare d'Achères-ville la première gare solaire de France. Enfin, la biodiversité n'est pas oubliée grâce au toit végétalisé et à des arbustes qui viendront trouver leur place dans le jardin préexistant.

Selon Patrick Targa, maitre d'ouvrage délégué sur cette opération, les 14 cibles HQE® sont validées et le bilan est positif, que ce soit au niveau du programme, de la conception ou de la réalisation. Techniquement, l'expérience pourrait être étendue à d'autres gares.

Un espace accueillant et fonctionnel

Des escaliers élargisBien qu'il s'agisse avant tout d'un projet HQE®, les objectifs ne se limitent pas à la dimension environnementale. L'accessibilité aux passagers à mobilité réduite, ou encombrés de bagages ou de poussettes, ainsi que l'amélioration du confort, de l'esthétique et du service sont des objectifs tout aussi importants pour la SNCF.

l'espace client vu du quaiDu point de vue de l'accessibilité, un sas pour les fauteuils roulants et les poussettes a été mis en place, ainsi que des doubles rampes et des bandes de repérages pour non-voyants dans les escaliers. Un ascenseur neuf a été installé, et l'ancien a été réparé. Tous deux sont larges et transparents. Les espaces d'accueil et de vente ont été réaménagés pour être plus visibles et plus fonctionnels. Les sols et les murs aux teintes claires mettent en valeur les « boiseries » du plafond courbe des années 70. Le revêtement du parvis a été refait.

 

Des prévisions convaincantes

Le revêtement photovoltaïque et le nouvel ascenseurLes conséquences en matière de consommation d'énergie seront importantes :

* 59% d'eau de ville consommée en moins par rapport à l'ancienne gare,
* 25% de l'énergie consommée par la gare sera produite par la membrane photovoltaïque puis revendue à EDF,
* 84% d'émissions de gaz à effet de serre en moins,
* 64% d'énergie consommée en moins par rapport à l'ancienne gare.

Un exemple à suivre

« La SNCF réfléchit déjà à tirer profit de l'expérience acquise à Achères pour la rénovation des gares Transilien à venir. Achères est au même niveau d'exigence environnemental que les futures gares TGV de Besançon et de Belfort. Il s'agit vraiment d'une nouvelle génération de gares. » Ces propos de Claudia Nordmann mettent en évidence la dimension exemplaire et emblématique de l'opération pour la SNCF.

Cette belle rénovation, en cours de certification (un organisme agréé, le CERTIVEA, entérine le respect de 14 objectifs environnementaux spécifiques), redonne ses lettres de noblesse à une gare de banlieue peu connue du grand public. Elle réaffirme la modernité, la capacité d'adaptation et le rôle prédominant du train dans la préservation de l'environnement. A l'heure du « tout camion », et du « tout voiture » en banlieue, elle relance le débat en matière de transports individuels et marchands.

En s'offrant chaque jour aux regards de ses 12000 usagers, parions que cette gare sera à la fois source de fierté et d'inspiration pour de nouvelles initiatives qui viendront s'inscrire dans cette dynamique « verte-ueuse » !

Aller plus loin

Voir  le Plan Rapproché : " Une gare résolument écologique "

Voir l'Histoire de Chantier : "Découvrir la gare d'Achères : un projet expérimental"



Programme de modernisation des escaliers mécaniques de l'aéroport Sea-Tac

  • PDF

Kone escaliers roulantsKONE a remporté la commande du programme de modernisation des escaliers mécaniques de l'Aéroport International de Seattle-Tacoma. Avec ce projet de Seattle-Tacoma, dans les environs de Washington, KONE fournira à partir de fin juillet 2011 un total de 44 escaliers mécaniques dans l'aéroport. Le projet devrait être terminé en juin 2013.


KONE s'associe à l'entreprise Turner Construction afin de mettre en place un plan qui, durant les travaux, minimisera les interruptions de service des installations pour les utilisateurs finaux, tout en maximisant l'efficacité énergétique pour réduire l'impact environnemental. En plus de l'installation de deux nouveaux escaliers mécaniques, 42 autres seront remplacés ou modernisés, dont 10 avec KONE EcoMod®. « Lorsque vous allez à l'aéroport, vous voulez que les escaliers mécaniques fonctionnent » a déclaré Bill Bryant, le Président de la Commission de l'Aéroport de Seattle. «  Ce projet est attendu depuis longtemps. Il va diminuer de coûteux frais de réparation, et permettra d'améliorer notre efficacité énergétique ».

Les nouveaux escaliers mécaniques auront des systèmes d'entraînement plus efficaces et des caractéristiques qui permettront d'ajuster la puissance et la vitesse en fonction de leur charge et de leur utilisation. Cela augmentera l'efficacité énergétique de 20% comparé aux escaliers mécaniques existants. Les nouveaux équipements réduiront les coûts ainsi que les délais de maintenance et ils amélioreront la qualité de service pour les usagers.

« Nous sommes heureux que notre partenariat de 41 ans avec Sea-Tac se poursuive », a déclaré Vance Tang, Vice-Président Opérationnel de KONE Amériques. « En choisissant nos solutions et notre service de maintenance, nous pouvons assurer la meilleure sécurité et qualité de transport pour toutes les personnes circulant dans l'aéroport. Pour nous, il est important de fournir le meilleur service pour nos clients et les millions de personnes qui se déplacent chaque jour grâce à nos produits. »

La solution innovante KONE EcoMod® est une approche systématique de remplacement de l'ensemble des pièces mécaniques internes sans retirer la poutre existante. Les solutions KONE permettent à Sea-Tac d'avoir la meilleure réponse aux besoins de l'aéroport. KONE a une longue expérience de travail avec l'industrie aéroportuaire, avec des installations réussies dans les dix aéroports les plus importants des Etats-Unis, dont les aéroports internationaux de McCarran, San Diego et Los Angeles. La commande a été enregistrée au premier trimestre 2011.

B.P


Millénaire à Aubervilliers : nouveau centre commercial aux portes de Paris

  • PDF

Millénaire AubervilliersLe nouveau centre commercial Le Millénaire a ouvert ses portes au public le mercredi 27 avril. Idéalement situé à la sortie du périphérique parisien, Porte d’Aubervilliers, Le Millénaire est le plus grand développement commercial en France depuis 10 ans.

Le Grand Paris des architectes

  • PDF

Jean NouvelLe Grand Paris, capitale du futur ? A la demande du Président de la République, dix équipes d'architectes et urbanistes - six françaises, une allemande, une néerlandaise, une italienne, et une britannique - se sont penchées sur l'avenir de Paris et de son agglomération. Car aujourd'hui, comme le constate Jean Nouvel : « les atouts de Paris ne sont partagés ni partout, ni par tous ».


Sur fond de crise, de ségrégation sociale, d'une conscience croissante des problèmes environnementaux, deux problématiques à résoudre ont donc été définies dans le cahier des charges confié à toutes les équipes. L'une porte sur « la métropole de l'après-Kyoto ». L'autre vise à livrer un diagnostic prospectif sur l'agglomération parisienne. De l'environnemental au social, en passant par les transports, l'ensemble doit faire émerger la vision d'une future métropole de 12 millions d'habitants qui redonne à Paris son image de « ville-monde », ville phare du XXème siècle. Le 13 mars dernier, chaque équipe a remis son projet.

Jusqu'où irait le Grand Paris ?

Pour commencer - à quoi correspondrait exactement, géographiquement parlant, le Grand Paris ? Quelle est son identité territoriale, et quelles en sont les limites ? Selon les équipes, le périmètre varie, et ces différences sont révélatrices du projet que chacune entend porter. Certaines (Portzamparc, Nouvel, Castro) prennent en compte la seconde couronne et les villes nouvelles (quasiment l'équivalent, somme toute, de la région Ile-de-France existante) ce qui leur permet entre autres d'élaborer un programme de transports sur une plus grande échelle. D'autres s'en tiennent à la première couronne (Equipe MVRDV). Jean Nouvel choisit d'inclure Roissy, Orly, et les villes nouvelles dans son périmètre, car « le cadre de la petite couronne est à l'évidence trop restreint ».

Il peut alors imaginer son concept de « lisière », frontière poreuse entre l'urbain et le rural. Le groupe Descartes estime que la fin du réseau des transports en commun marque les limites de la métropole.

Groupe Descartes

Quant à l'équipe d'Antoine Grumbach, son idée-force d'une métropole courant jusqu'à la mer lui fait contourner la question du périmètre, en proposant une extension linéaire du « Grand Paris » jusqu'au Havre. L'agence de Djamel Klouche, - l'AUC -, de son côté, prend le parti de ne proposer ni carte ni plan, en choisissant plutôt de radiographier l'agglomération dans toutes ses facettes par l'étude d'échantillons de territoires.

Le besoin d'une structure administrative nouvelle

Equipe Castro

 

Par ailleurs, Paris et l'agglomération sont aujourd'hui liées par une entité administrative - la Région - sur laquelle les uns ou les autres se positionnent différemment, en posant la question nécessaire de la gouvernance du futur Grand Paris. A qui reviendra-t-elle ? A un syndicat métropolitain - formé de Paris et 200 collectivités franciliennes - proposé par la Région, ou à un secrétariat d'Etat au développement de la région capitale, suggéré par l'Etat ?

Equipe Rogers

 

 

Certains architectes, dépassant ce face-à-face, évoquent la nécessité d'une nouvelle gouvernance à la mesure du Grand Paris : l'équipe de Roland Castro s'appuie sur la topographie pour former 8 fédérations de communes - correspondant, grosso modo, à la grande couronne, et excluant les zones entièrement rurales. L'équipe Rogers, lui, imagine une structure où les voix de la région compteraient autant que celles de la capitale.

Une identité forte à représenter

Equipe Grumbach

 

L'anonymat et l'absence de références au passé caractérisant le plus souvent la banlieue, toutes les équipes insistent également sur la nécessité de nouveaux monuments, de symboles fédérateurs destinés à donner une identité au Grand Paris. Castro, en particulier, propose une série de huit monuments (un par fédération de communes) à la dimension architecturale parfois utopique. Pour ce faire, il part de bâtiments existants pour élaborer des collages surprenants, à l'instar d'une « copie » de l'opéra de Sydney positionnée... sur le port de Gennevilliers !

Envisager l'Après-Kyoto

Comment les équipes se sont-elles emparées du défi de l'Après-Kyoto et comment concevoir la métropole?
(Rappelons que le protocole de Kyoto, en 2005, avait donné comme objectif principal la réduction des émissions de gaz à effet de serre de 8%. Ces accords arriveront à expiration en 2012).

Studio 09

 

Une présence accrue de la nature au cœur de la ville et la réduction de la dépense en énergie se retrouvent dans de nombreux projets. Antoine Grumbach, pour qui « seule la grande échelle permet d'atteindre les objectifs de l'Après-Kyoto », légitime ainsi son axe Paris-Le Havre.

Mais on retiendra surtout la traversée verte de l'équipe italienne Studio 09, et les « armatures » de l'équipe de Richard Rogers qui irriguent la métropole de verdure. A remarque régalement, d'autres pistes, comme le plan de reboisement pour piéger le CO2 (Equipes Descartes et MVRDV), et l'aménagement - écologique, paysager et énergétique - des rives des fleuves (Equipes LIN, Studio 09 et Antoine Grumbach).

Energies renouvelables et convivialité

Equipe LIN

En matière d'énergies renouvelables, les hollandais de l'équipe MVRDV et les anglais de l'équipe Rogers semblent les plus déterminés et envisagent de nombreuses solutions : récupération d'eau de pluie, panneaux photovoltaïques, toitures végétalisées, éoliennes aux portes de Paris...

Equipe l'AUC

 

Comment en finir avec le vieux schéma centre/banlieue ? Comment envisager l'agglomération comme un tout, le centre n'en étant plus que le noyau historique ? Comment désenclaver la banlieue, en particulier les zones sensibles ? Où construire de nouveaux logements ? Les relations entre Paris et la banlieue, ainsi que le statut de la banlieue elle-même, sont au cœur des préoccupations des commanditaires.

D'un point de vue aussi bien concret que symbolique, l'effacement des ruptures entre le centre et la banlieue est la mesure la plus radicale proposée à la fois par Jean Nouvel (enfouir périphérique et autoroutes urbaines) et Richard Rogers (couvrir les voies de chemin de fer).

Toutes les équipes se retrouvent dans le refus d'étendre la ville en construisant sur des territoires vierges mais au contraire prônent la densification, « l'urbanisme de recyclage » (l'AUC). Pour Roland Castro, « le projet du Grand Paris d'aujourd'hui est l'occasion de franchir une nouvelle étape, non pas extensive cette fois ».

© Equipe L'AUC

Vers une densification du bâti

Equipe Jean NouvelDensification et intensification sont les maitre-mots de la plupart des équipes. Cette densification prend plusieurs formes : les constructions en hauteur (à condition qu'elles soient économes en énergie à l'instar de « éco-villes » de l'équipe Nouvel) ou l'ajout de bâtiments dans les grands ensembles souvent peu denses (proposition du Groupe Descartes pour La Courneuve).

L'équipe MVRDV prône des surélévations systématiques. Après en avoir fini avec la réglementation, certains proposent des constructions en bordure de routes (Equipe Descartes), de parcs (MVRDV), et l'occupation de tous les espaces délaissés. Descartes défend même le droit de chaque propriétaire à une extension de son pavillon jusqu'à 100m2. Tout cela bien sûr allié à la présence d'espaces verts et à la volonté d'embellir, comme le propose si bien Roland Castro avec ses tours-jardins implantées dans l'île de Vitry.

Par ailleurs, le principe de la réhabilitation des grands ensemble semble aujourd'hui acquis. Comme le dit encore Roland Castro, le « remodelage » est un « message positif de respect des habitants et de la mémoire des lieux ». L'équipe de Jean Nouvel, constituée d'architectes qui ont ouvert la voie dans ce domaine (Patrick Bouchain, Anne Lacaton et Jean-Philippe Vassal), est celle qui s'attarde le plus sur le sujet, en prônant la métamorphose des bâtiments par la transformation des façades, les surélévations, la création de terrasses.

 

Se déplacer autrement

Equipe Portzamparc

 

Enfin, la question de la densification est étroitement liée à celle des transports. Se déplacer mieux et moins, l'enjeu est aussi bien écologique qu'humain : améliorer le cadre et les conditions de vie dans l'agglomération, ce par un même geste d'urbaniste. L'équipe MVRDV souhaite, en densifiant et en développant les transports, réduire la superficie du Grand Paris à un carré de 30 km sur 30 km.

Afin de limiter les déplacements en banlieue, en particulier pour les achats et la consommation quotidienne - un rêve, bannir les longues distances pour atteindre l'hypermarché local - l'équipe Descartes propose d'associer commerce et production. L'équipe LIN, inspirée par certains modèles asiatiques, imagine un maillage de centres d'approvisionnement et de services de proximité, allié à un système de bus rapides et d'un parc locatif de véhicules légers.

 

© Christian de Portzamparc

D'où la proposition de développement des pôles urbains en banlieue, en les « intensifiant », c'est-à-dire en leur attribuant les atouts d'une ville de province de la même taille en matière d'équipements publics (Equipe Descartes), mais aussi et surtout en les dotant de transports adéquats, voire de nœuds incontournables (le TGV à Orly, la gare Nord-Europe à Aubervilliers pour l'équipe Portzamparc) autour desquels on pourrait construire de façon dense (Equipes l'AUC et Rogers).

Un transport plus rapide et fluide

... Sans oublier que la priorité est de réduire les temps de trajets. Les franciliens auraient, selon le slogan de l'équipe Descartes, « 30 minutes de trajet en moins » ; le réseau rapide imaginé par Nouvel permettrait lui aussi des trajets de moins de 30 minutes à l'intérieur de la métropole. Les transports existants seraient mieux connectés entre eux, rénovés, la cadence augmentée. Les pôles de la banlieue seraient reliés grâce à un réseau circonférenciel rapide au-dessus du périphérique (Equipes Rogers, Portzamparc, MVRDV). Plus on habiterait loin, moins on paierait cher (Equipe Descartes). On pourrait emprunter de nombreuses lignes de métro aérien dans le centre (MVRDV) et même au-dessus de l'A86 (Equipe Castro). On pourrait prendre facilement des taxis collectifs (Equipe Grumbach) et des batobus (Castro). Enfin, ce réseau serait relié à celui des grandes lignes (Equipes Portzamparc et Castro).

Equipe Portzamparc

© Christian de Portzamparc

Un projet en devenir

En somme, il semble que cette consultation internationale engagée par l'Etat aura au minimum permis une analyse en profondeur de la situation et des enjeux de la métropole actuelle, et suscité de multiples propositions, de multiples pistes de travail pour l'avenir. Elle aura mis en évidence la capacité positive de Paris à se penser et à se projeter vers le futur. C'est pourtant un projet qui reste à construire, et qui nécessite une volonté politique forte - de la part de l'Etat, comme de la région et des collectivités locales - et, bien sûr, des moyens d'envergure.

Si, comme le déclare Roland Castro citant Hölderlin, « l'homme habite en poète », ces propositions rappellent aussi l'aspiration à davantage de beauté, d'harmonie, de plaisir à vivre la ville. Rien ne peut plus se faire aujourd'hui sans donner la possibilité aux citoyens d'inventer et revaloriser leur cadre de vie, car, comme le propose Jean Nouvel, « il s'agit de faire ensemble et d'être ensemble. Ça, c'est le grand pari ! »

Marie-Clarté Mougeot

Les dix projets du Grand Paris

Equipe l'AUC : identifier et stimuler la métropole héritière

Atelier Castro Denissof Casi. Une utopie concrète : une capitale pour l'Homme, une capitale pour le Monde

Equipe Grumbach. Seine Métropole : un axe Paris - Rouen - Le Havre

Equipe LIN : une Métropole douce

Equipe Lion - Groupe Descartes. L'Extraordinaire : améliorer l'ordinaire

Equipe MVRDV : PARI(S) PLUS petit

Jean Nouvel : réveiller le génie du lieu

Equipe Porzamparc : développement en rhizome

Equipe Rogers : armatures métropolitaines

Equipe Studio 09 : la ville poreuse



La salle Pleyel : entre esthétique et acoustique

  • PDF
La salle Pleyel : entre esthétique et acoustiqueAvoir plus de 80 ans et être classé parmi les meilleures salles du monde sur le plan de l’acoustique, c’est assez exceptionnel. Voilà pourtant l’exploit de la salle Pleyel qui, après sa rénovation achevée en 2006, est redevenu un vrai « temple de la musique »...
RSS
Recherche par famille de produits