Roger Maquaire souhaite une réglementation avec des seuils exprimés en valeur absolue. Il invite les professionnels à accompagner leurs clients à aller au-delà des seuils afin d’optimiser leur performance énergétique.
Que pensez-vous du seuil de basse consommation pour les batiments neufs ?
Roger Maquaire : Selon les spécialistes de l'observation des gaz à effet de serre (GES), il y a urgence à réagir le plus tôt possible. Le seuil Batiment Basse Consommation (BBC) de 50 kWh/m2/an en énergie primaire imposé pour tous les permis de batiments neufs à compter de fin 2012 est donc tout à fait raisonnable.
Alors ces mesures sont-elles suffisantes ?
RM : Ce que certains auraient aimé c'est que la réglementation soit un peu plus ambitieuse, notamment pour le Batiment existant. Par exemple sur les performances à atteindre: diviser par deux la consommation de chauffage, ce n'est pas mal. Mais si un batiment consomme plus de 400 kWh/m2/an cela fait 200 kWh/m2/an. Ce n'est pas non plus formidable et c'est assez facile de faire encore mieux. Donc il serait souhaitable de rappeler les valeurs intermédiaires et finales en valeur absolue : par ex.100 kWh/m2/an dans un premier temps, puis 80 kWh/m2/an.
Les entreprises du Batiment ne prennent-elle pas alors la place de la maîtrise d'œuvre ? Ne pensez vous pas qu'il y ait là un déficit d'architectes ?
RM : Il y a en France 30 millions de ménages, 350 000 artisans et entreprises et plusieurs millions de petits travaux qui se font chaque année et c'est à ce niveau là que le problème se pose. En général il n'y a pas d'architecte ni de BE car le montant des travaux ne le permet pas. Alors il faut que ces entreprises puissent avoir une vision un petit peu plus large et puissent conseiller sur l'ensemble des travaux. Inciter le client à réfléchir sur ce qu'il pourrait faire en plus pour optimiser sa performance énergétique. Les organismes professionnels, la CAPEB, la Fédération Française du Batiment sont conscientes du sujet. Elles mettent en place des labels comme « Ecoartisan - pour la CAPEB qui les incitent à se former.
La formation est donc indispensable. Comment va être mis en œuvre ce chantier ?
RM : Il va falloir mobiliser toutes les parties prenantes. Dans le cadre du Grenelle, une réflexion transversale a été menée sur les problèmes de formation. Un large collège d'acteurs s'est réuni : l'Education Nationale, l'ADEME, les industriels qui font de la formation et les filières professionnelles. Constat : il y a un déficit de formation dans le secteur de la formation.
50% des jeunes ayant reçu une formation initiale de base sur ce secteur le quitte au bout d'un an d'activité à cause, selon eux, des contraintes. Ensuite, il y a un manque de professionnels formés aux techniques du développement durable. A coté de la formation initiale qui s'adapte progressivement, la formation continue monte en puissance via les organisations professionnelles, les organismes de formation agréés et les industriels, qui forment les artisans à la connaissance de leurs produits et de sa bonne mise en œuvre.
Les points de vue exprimés ici n'engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement les opinions des industriels animant Creargos.
En savoir plus
Le site du Club de l'Amélioration de l'Habitat : http://www.cah.fr/
Voir le dossier sur les 20 chantiers de rénovation thermique suivis par le CAH







