Des facteurs économiques et le respect de l'environnement (lutte contre l'effet de serre) ont conduit, depuis 1974, à de nombreuses initiatives dont le but est de maîtriser les consommations d'énergie à l'échelle nationale et mondiale.L'isolation thermique des batiments en fait partie. Elle consiste à réduire les dépenses énergétiques de chauffage.
La nouvelle réglementation thermique RT 2005
Aujourd'hui, le batiment émet 120 millions de tonnes équivalent CO2 par an soit 25% des émissions nationales et consomme 70 millions de TEP par an soit 43 % de l'énergie globale consommée. Avec le Plan Climat 2004 et la Loi d'Orientation de la Politique Energétique de 2005, la France s'est engagée à diviser par 4 ses émissions de gaz à effet de serre d'ici 2050.
C'est pourquoi, la Réglementation thermique 2000 est aujourd'hui remplacée par la RT 2005 qui s'inscrit totalement dans la continuité de la précédente réglementation. La réglementation thermique 2005 entre en vigueur en 2006 pour tous les permis de construire déposés à partir du 1er septembre 2005. Elle a pour objectif essentiel de réduire les consommations énergétiques de 15% par rapport à la RT2000 et de limiter le recours à la climatisation.
Ainsi, la RT 2005 présente les nouveautés majeures suivantes :
- Une consommation d'énergie (énergie primaire) exprimée en kWh/m².an (et non plus en kWh/an), le m² étant le m² de SHON. Cette exigence facilitera la comparaison des batiments entre eux.
- Une limitation de la consommation d'énergie (Cep max) dans le secteur résidentiel pour les consommations de chauffage et de production d'eau chaude sanitaire définie selon la zone climatique et le type d'énergie.
- La redéfinition des zones climatiques.
- Une valorisation des énergies renouvelables (chaudières bois, capteurs solaires, pompe à chaleur, ...).
- Une valorisation de la conception bioclimatique (apports solaires, protection solaire, orientation des baies, ...).
- La valorisation de l'étanchéité à l'air (par le respect d'une procédure spécifique).
- La prise en compte de la consommation due aux éclairages même en maison individuelle.
- La mise en place d'un système de contrôle.
Les exigences
Similaire à la RT 2000 dans sa structure, la réglementation RT 2005 impose toujours 3 exigences :
-
La Consommation d'énergie primaire "Cep" (en kWh/m².an) d'un batiment (chauffage, eau chaude sanitaire, ventilation, éclairage, refroidissement) doit être inférieure à celle du même batiment ayant des caractéristiques thermiques de référence en matière d'isolation, de système de chauffage, de système de ventilation, ...
Cette exigence est complétée par une consommation d'énergie maximale à ne pas dépasser (Cepmax) différente selon le type d'énergie et les zones climatiques. Ce nouveau coefficient est défini uniquement pour les batiments résidentiels... -
En été, la Température intérieure "Tic" d'un batiment doit être inférieure à celle du même batiment ayant des caractéristiques thermiques de référence.
-
Les parois et les équipements doivent présenter des caractéristiques minimales, encore appelées garde-fou. Ce qui signifie que les produits ou systèmes ne respectant pas ces performances minimales ne peuvent pas être prescrits ni posés.
Afin d'atteindre l'objectif de renforcement de 15%, les exigences sur l'enveloppe du batiment ont été renforcées de :
- 10% environ sur les parois en partie courante,
- 20% environ sur les ponts thermiques.
| Zone climatique | Pour tous batiments à usage d'habitation Cmax (chauffage et production d'ECS) en kWh primaire / m² /an |
|
|---|---|---|
| Combustibles fossiles | H1 | 130 |
| H2 | 110 | |
| H3 | 80 | |
| Chauffage électrique (y compris les pompes à chaleur) |
H1 | 250 |
| H2 | 190 | |
| H3 | 130 |
Les modes d'application
Pour répondre aux exigences de la RT 2000, les professionnels peuvent choisir entre 2 options :
- le calcul des Consommations (Cep) et de la Température intérieure conventionnelle (Tic) ainsi que leurs valeurs de références (Cep réf et Ticréf) qui se font à l'aide de logiciels adaptés par des Bureau d'Etudes Thermiques.
- l'application de Solutions Techniques (pour la consommation d'énergie et/ou le confort d'été) agréées par les pouvoirs publics, méthode descriptive combinant un ensemble d'éléments prédéfinis (isolation thermique des parois, système de ventilation, appareil de chauffage, ... pour l'hiver, mise en place de stores, possibilité d'ouvrir les fenêtres pour l'été) et ce pour un type de batiment donné (maison individuelle par exemple).
Il existe des Solutions Techniques Ministérielles rédigées par le Ministère de l'Equipement. Des Solutions Techniques Industrielles élaborées par les professionnels pourront également être utilisées.
Les exigences du niveau d'isolation
Comme dans la RT2000, l'isolation des parois d'un batiment est soumise à deux niveaux de caractéristiques thermiques : niveau minimum et niveau de référence - permettant ainsi d'optimiser le choix de systèmes d'isolants et de privilégier une isolation de haut niveau.
Les garde-fous
Tous les produits et systèmes d'isolation des parois ainsi que les équipements de chauffage, ventilation, eau chaude sanitaire,... doivent satisfaire à des caractéristiques minimales. Celles-ci sont également appelées "garde-fous".
En ce qui concerne les parois opaques, on distingue :
- Les garde-fous des parois courantes qui peuvent être traduits par des résistances thermiques minimales requises pour chaque paroi.
- Les garde-fous des ponts thermique qui ne peuvent dépasser les limites suivantes :
- 0,75 W/m.K en maison individuelle jusqu'au 31 décembre 2007, puis 0,65
- 1 W/m.K en collectif
- 1,35 W/m/K pour les autres batiments jusqu'au 31 décembre 2007, puis 1,2
Ces garde-fous sont des valeurs moyennes de ponts thermiques des différentes liaisons planchers /murs du batiment (mur/plancher bas + mur/plancher intermédiaire + mur/plancher haut).
Les valeurs de référence
Liée à l'évaluation de la consommation d'énergie de référence de l'ensemble du batiment (Cepréf), la déperdition thermique de ce dernier (par les murs, planchers, toiture et baies vitrées) est caractérisée par un coefficient appelé Ubat (en W/m².K).
Ubat se calcule à partir :
- des coefficients surfaciques U de chacune des parois pondérées par leur surface,
- des coefficients linéiques Y de chacune des parois pondérées par leur linéaire.
Ubat est soumis à des exigences de déperditions de référence (Ubatréf). Ubatréf représente le coefficient moyen de référence des déperditions. Ubatréf est calculé à partir des coefficients surfaciques et linéiques de référence, les "ai" et "aj", variables selon les 3 zones climatiques (H1, H2, H3).
Compensation entre enveloppe et système
Toujours présente dans la RT2005, la compensation entre enveloppe et systèmes concerne désormais les secteurs résidentiels et tertiaires : elle permet de limiter les pertes de l'enveloppe et d'éviter de trop fortes compensations par les systèmes de chauffage.
| Parois | Coefficient U max W/m².K | Résistance thermique R min m².K/W |
|---|---|---|
| - Murs en contact avec l'extérieur - Murs en contact avec le sol |
0,45 | 1,85 sur bloc creux de béton 2 sur béton banché |
| - Murs en contact avec un local non chauffé | 0,45/b* | 2,25 |
| - Plancher bas donnant sur l'extérieur - Plancher bas donnant sur un parking collectif |
0,36 | 2,60 2,50 |
| - Plancher bas sur vide sanitaire - Plancher bas sur local non chauffé |
0,40 | 2,15 |
| - Planchers sous comble - Rampants des combles aménagés |
0,28 | 3,45 |
| - Toiture terrasse en béton ou en maçonnerie - Toiture en tôle métallique étanchées |
0,34 | 2,80 |
| - Couverture en tôles métalliques | 0,41 | 2,30 |
| - Plancher bas sur terre plein Dallage < 500 m² : isolation horizontale de 1,20 m mini Dallage >= 500 m² et dallage industriels : isolation périphérique verticale de 0,50 m mini |
1,70 |
* b : coefficient de réduction des déperditions variable selon le renouvellement d'air des locaux non chauffés. Couramment, b=0,95
| Coefficents surfaciques de référence ai W/m².K |
|||
|---|---|---|---|
| Parois | ai | zones H1/H2 H3 > 800 m | zone H3 < 800 m |
| - Murs | a1 | 0,36 | 0,40 |
| - Plancher sous comble - Plancher sous rampant |
a2 | 0,20 | 0,25 |
| - Toiture terrasse | a3 | 0,27 | 0,27 |
| - Plancher bas | a4 | 0,27 | 0,36 |
| - Portes | a5 | 1,50 | 1,50 |
| - Fenêtres et porte fenêtres bâtiments résidentiels |
a6 | 2,10 | 2,30 |
| - fenêtres et porte fenêtres batiments non résidentiels |
a7 | 1,80 | 2,10 |
| Coefficients linéiques de référence ai W/m.K |
||
|---|---|---|
| Parois | ai | zone H1/H1/H3 |
| - liaison mur/plancher bas | a8 | 0,40 |
| - Liaison mur/plancher intermédiaire - Liaison mur/sous comble |
a9 | 0,55 MI 0,60 autres batiments |
| - Liaison mur/toiture | a10 | 0,55 MI 0,60 autres batiments |
Les exigences sur les équipements
Comme pour l'enveloppe, les exigences sur les équipements (chauffage, ventilation) ont été renforcées et incitent notamment à utiliser des énergies renouvelables.
Pour les maisons individuelles chauffées par effet joule ou par combustibles (gaz, fuel), une partie de l'eau chaude sanitaire doit être produite à partir d'énergie solaire. Dans le cas contraire, les consommations d'ECS de référence sont pénalisées de 20%.
Cette disposition s'applique également aux logements collectifs chauffés par effet joule. La pénalisation est alors ramenée à 10%. Ainsi, les batiments d'habitation non équipées de capteurs solaires devront compenser par une isolation thermique plus performante.
La RT2005 valorise également les systèmes thermodynamiques tels les pompes à chaleur et les générateurs à combustibles solides (chaudières bois). De même, les niveaux de référence de la ventilation ont été renforcés : en chauffage effet joule comme en combustibles, ces niveaux correspondent à des systèmes hygroréglables
La perméabilité à l'air du bati
Comme pour la RT 2000, la RT 2005 fixe des valeurs forfaitaires de perméabilité à l'air du bati mais elle offre maintenant la possibilité de déclarer des valeurs meilleures en suivant une démarche de qualité parfaitement définie.
Cette démarche consiste à établir un dossier technique comprenant notamment un certain nombres de mesures permettant de justifier la valeur de perméabilité à l'air. Le dossier est ensuite validé par une commission d'experts nommés par le ministère.
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