Au cœur de Belfort, l’usine BBI Peintures de Sepad* nous a ouvert ses portes. Suivez notre visite et découvrez les procédés de fabrication de cet industriel qui allie souplesse et flexibilité.
Belfort. Pendant le trajet en voiture qui nous amène à l'usine, nous admirons la palette de couleur qui s'étend sur les murs de la ville. Grâce à ce patrimoine protégé qui fait de Belfort une des villes les plus colorées de France, nous entrons déjà dans cet univers où teintes, harmonies et textures s'entremêlent pour donner vie aux bâtiments.
Une usine et des hommes
Dans les quartiers périphériques de la ville concentrant de nombreux pavillons, nous débouchons tout d'un coup sur l'usine. Parce qu'elle est parfaitement intégrée à son paysage d'habitations de moyenne hauteur, nous aurions pu passer à côté sans l'apercevoir. Cette proximité avec les habitants de la ville pousse l'usine à respecter des contraintes de sécurité et environnementales fortes.
« Depuis 2005, le groupe Sepad est devenu propriétaire de BBI Peintures, permettant ainsi à CD Peintures d'accroître ses volumes, en partenariat avec BBI Peintures. commente Eric Bourgois, directeur opérationnel de CD Peintures. La force de l'usine réside dans sa souplesse et sa flexibilité. Elle est en effet capable de fabriquer tous types de produits et de les conditionner dans tous types de boitages -.
Usine de production de peinture depuis 1957, ce site assure la fabrication et le stockage de l'une des marques de CD Peintures (Etna).
À la tête de cette fabrique, Philippe Fuessinger. Le directeur ne compte plus le nombre d'années qui le rattachent au site. « Enfant, j'habitais quasiment en face de l'usine, explique-il en souriant. Je suis venu y travailler quand j'étais étudiant avant d'y être embauché et d'occuper diverses fonctions jusqu'à celle de directeur... -
Aujourd'hui, dans cette usine employant 64 personnes et qui fabrique 12 000 tonnes de peintures / an, le flux de production obéit à une logique qui, afin d'améliorer la productivité et la rentabilité de l'usine, lui permet d'éviter les ruptures de charges et les transports inutiles de produits et matériaux liquides.
La production de A à Z
Le directeur nous emmène d'abord dans le laboratoire de recherche et développement intégré à l'usine. Vêtus de leurs blouses blanches de chercheurs, huit personnes s'activent autour des tables carrelées sur lesquelles sont installés diverses machines, appareils et tubes en verre. « C'est là que sont améliorées les formules actuelles et que sont créées les nouvelles peintures de demain -, détaille M. Fuessinger.
Dans la pièce d'à côté, un collaborateur teste les nouveaux produits afin de valider leur formulation. Il s'agit de vérifier que la peinture s'applique bien, sèche rapidement et réponde à tous les critères de qualité qu'exigent les clients de BBI Peintures.
Nous traversons ensuite l'usine en passant par la zone de stockage. On y trouve certaines matières premières conditionnées en sacs (agents matants2, oxyde de titane, résines acryliques...) ainsi que des pots de peinture prêts à être expédiés.
À l'autre bout de l'usine débute concrètement la chaîne de production. Dans un premier hangar sont stockées des cuves d'acryliques, directement reliées aux groupes de production.
D'autres cuves, situées à l'arrière de l'usine, contiennent les produits solvantés et approvisionnent automatiquement les groupes de production.
Les 4 cuves d'acryliques sont reliées directement aux groupes de production.
Ici, un groupe de production d'une capacité de 6 tonnes. Les quantités de constituants de peintures sont calculées à la pesée et commandées à partir d'un tableau qui règle aussi la vitesse du mixage et le temps de dispersion. Plus loin un autre groupe est piloté automatiquement à partir d'un ordinateur.
La zone arrière de l'usine est consacrée aux 20 groupes de production. Les peintures produites en grand nombre (blanches et pastels) sont réalisées dans des cuves d'une capacité de 4 à 6 tonnes. Les peintures spéciales (décoratives ou plus foncées), produites en quantité moindre, sont mélangées dans des cuves mobiles au sol, d'une contenance allant de 300 kg à une tonne.
Là, un petit groupe de production est rempli manuellement. L'opérateur pèse sur une balance la qualité de chaque produit avant de les intégrer petit à petit au mélange.
Déclinée dans toutes les couleurs de l'arc-en-ciel, une ribambelle de cuves bien rangées trouve sa place derrière les groupes de production. On y stocke la peinture nouvellement fabriquée, le temps que les opérateurs effectuent les contrôles qualité. À partir d'un échantillon prélevé dans les cuves, les chercheurs s'assurent de la bonne viscosité, du séchage et de la brillance de la peinture. Certains ajustements peuvent alors être faits pour rattraper un surcroît de brillance par exemple.
Sur ces lignes classiques où tous les emballages sont acceptés, seuls le dosage, la fermeture et l'étiquetage des pots sont automatisés.
Dès lors que le produit est conforme à la qualité exigée, il est conditionné en pots de toutes tailles. Huit lignes de conditionnement s'échelonnent ainsi juste derrière les cuves de stockage.*
Sur cette ligne complètement automatique, il suffit d'un seul opérateur pour surveiller le dosage, le remplissage et la fermeture des récipients.
« Cette année, l'usine s'est fixé des objectifs d'optimisation qui visent à améliorer la productivité du site ainsi qu'à gagner de la place pour le stockage, reprend le directeur. Nous allons redisposer les lignes de conditionnement pour gagner en efficacité -.
Notre visite s'achève sur la zone d'étiquetage de produits qui, parce que les emballages sont très variés, est manuelle.
Environnement et sécurité
« Avant l'extension de la ville de Belfort, l'usine reposait sagement à l'écart des zones habitées, explique Eric Bourgois. Aujourd'hui, avec la présence des pavillons, elle est obligée de développer une politique de sécurité fiable -.
L'usine est ainsi entièrement protégée par une installation de sprinklers qui est alimentée par une « piscine - souterraine de 360 m3 et par un réseau sous pression contenant l'eau et la mousse, qui se déclenche pour arroser toute zone de l'usine dont la température ambiante dépasserait les 80 °C.
Côté environnement, l'usine est actuellement en cours d'audit pour acquérir la certification Eco-label. Cette certification, délivrée par l'Afnor, garantit la qualité des matières premières utilisées ainsi que la qualité des procédés de fabrication.
Autre exemple, l'usine possède une station d'épuration qui traite l'eau polluée avant de la rejeter dans les égouts de la ville.
Grace à cet outil industriel, Sepad accroît ses capacités techniques et industrielles. L'industriel gagne aussi en réactivité et en indépendance pour offrir toujours plus de produits de qualité à ses clients.
Pour rappeler aux opérateurs quelques messages pour leur sécurité, des panneaux sont disposés au-dessus de leurs têtes...
1 Sepad est la société mère qui regroupe les activités CD Peintures, BBI Peintures et Argile.
2 Additif conférant à la peinture des propriétés antidérapantes et/ou d'atténuation de la brillance.
En savoir plus
Voir le site internet de CD Peintures
Découvrez la démarche environnementale de CD Peintures







